LE PETIT BRUIT D’À CÔTE DU CŒUR DU MONDE
(1995-2001)
est une musique à forme ouverte qui, tout au long de sept ans a traversé une pléiade de métamorphoses. Neuf variations ont été présentées. Ces musiques sont également la trace d’un carnet sonore africain.
Ces petits bruits ont rencontré Daunik Lazro, Gérard Clarté, Nido, Jérôme Jeanmart, Nicolas Villenave, Christophe Roy, Sona Khochafian, Noëmi Schindler, Isabelle Duthoit, Jacques Di Donato, Laurent Charles, Louis-Michel Marion, Virginie Robillard.

Œuvre à forme ouverte conçue à partir d'un matériau issu d'un voyage.
Chaque variation est une conçue comme une nouvelle création.
La forme oscille entre le concert et le spectacle; chaque variation combinant des écritures particulières comme autant d'expressions d'une réalité (africaine) qui échappe.
Le Petit bruit combine et alterne:
musique concrète projetée sur acousmonium, improvisation de Daunik Lazro (saxophone baryton), jonglerie et manipulation d'objets de Gérard Clarté, trio à cordes écrit, improvisations électroacoustique, textes projetés à lire, phonographies et portraits, voix d'Amadou Hampâté Bâ, danse de la parole de Nido ...

"Le premier petit bruit qui attire, c'est le bruit des pas qui traînent - c'est lent"

Le petit bruit d'à côté du cœur du monde, c'est un poème dont on ne se souviendrait jamais, une histoire qui changerait à chaque récit, une parole qui prendrait le risque d'être à côté - du cœur du monde.
Ainsi va Le petit bruit d'à côté du cœur du monde ...

Variations 5 & 7 sur double CD - label Vand'Oeuvre 0222

Le petit bruit d’à côté
du coeur du monde

Variations 5 & 7
Kristoff K.Roll - Daunik Lazro
> double CD Vand’Oeuvre (2002 VDO 0222)

Var 5 - Jo 5:37

Var 7 - 3 Forêt, Calebasse - Extrait 4:31

1 ère variation:
alternant musique concrète, improvisation de Daunik Lazro et pièces écrites pour trio à cordes.
Festival Musique Action - Vandoeuvre-les-Nancy, 27 mai 95.

ECRITURES DU SONORE
Musique concrète, improvisation de Daunik Lazro et brèves pièces écrites pour trio à cordes (Virginie Robillard, Catherine Arnoud, Véronique Marin). ...... Une image symbolise l’évocation d’un champ fantasmatique : un tambour qui traverse seul le plateau. Les expressions sonores alternent, pas de fondu : Montage lent des écritures. L’Adage "Les personnes de la personne sont multiples dans la personne" colle à notre désir d’être polyglotte : il termine le concert, projeté sur un pendrillon. Le son acoustique provient du plateau, les sons inscrits sur le support sont projetés dans tout l’espace ( salle + plateau ) : dispositif en immersion. Quelques fragments des trios (zoom) sont amplifiés et diffusés en façade.

2 ème variation:
alternant, et superposant, musique concrète, Daunik Lazro et textes projetés.
102 - Grenoble, 16 mars 96.

SONS ET MATIÈRES TEXTUELLES
Musique concrète, improvisations de Daunik Lazro et textes projetés (diapositives, film super 8 ) pour lecture collective, notes de voyage lues. Une petite histoire improvisée évoque le monde caricatural des colons. L’histoire se fond dans un bloc de mots dont le sens a disparu. C’est le tout début du tuilage, mixage des expressions. Lazro joue sur lui même (une improvisation enregistrée lors de la première variation). Textes de : Claude Levi-Strauss, André Gide, Jean-Yves Loude, Michel Leiris, Georges Perec, Jean-Jacques Rousseau, un Adage soudanais, Nicolas Bouvier, Bruce Chatwin, J-K Huymans, Gustave Flaubert, Boris Vian, Brian Eno, Pierre Henry. Et Mongane Wally Serote, Amadou Koné, Cheikh Hamidou Kane, Georges Balandier. La masse référentielle enrobe la trace sonore.

3 ème variation:
alternant, en fondu, musique concrète, pièces pour jongleur (Gérard Clarté), Daunik Lazro et "trio à vent + contrebasse, écrit/improvisé" (Isabelle Duthoit, Jacques Di Donato, Laurent Charles & Louis-Michel Marion).
Festival Densités - Verdun, 27 sept 96.

ÉCRITURES, JONGLAGES ET MANIPULATION D’OBJETS
Musique concrète, improvisation de Daunik Lazro, pièce écrite / improvisée (Isabelle Duthoit, Jacques Di Donato, Laurent Charles, Louis-Michel Marion, Daunik Lazro), jonglage et manipulation d’objets (Gérard Clarté). Une manifestation de " Sans papiers " se mixe avec une prise de sons de femmes qui pilent le mil : c’est la première référence aux africains vivant ici. Traces sonores et visuelles (film super 8) des variations 1 et 2. L’image et la mobilité des espaces caractérise cette variation. La salle de concert s’étire par le son ( acoustique, amplifié ) et par le mouvement (interventions de Gérard Clarté).

4 ème variation:
Les Kristoff K.Roll, Daunik Lazro (improvisation sax baryton), Gérard Clarté (jonglerie et manipulations d'objets), Nido (danseuse) et Jérôme Jeanmart (lumières) rencontrent Amadou Hampâté Bâ.
Salle de l'Oara, Molière scène d'Aquitaine - Bordeaux, 18 mai 99.
Chapiteau du cirque clandestin - Paris, 15 nov 99.

RENCONTRE IMAGINAIRE AVEC AMADOU HAMPÂTE BÂ,
écrivain Malien né à Bandiagara, "diplômé de la grande université de la parole enseignée à l’ombre des baobabs". Musique concrète et improvisation sur dispositif électroacoustique, improvisation de Daunik Lazro, jonglage et manipulation d’objets de Gérard Clarté, "danses de la parole" de Nido, lumières de Jérôme Jeanmart. Tout le monde est sur scène, Daunik Lazro commence à jouer dans la salle puis finit sur scène. Les traces du voyage sont de plus en plus flouées par le temps et la forme (nous n’avons pas joué "Le petit bruit ..." entre 1996 et 1999 !!!). La danse de Nido arrive des " Travailleurs de la nuit, à l’amie des objets", fresque politique donnée en 1997 à Vandoeuvre. Ici tout est "faux", ludique et théâtralisé à l’extrême. Nous nous réunissons autour d’un auteur malien invisible. Régie lumière et projection du son se font de la scène. La fabrication se fait "à vue". Jérôme Jeanmart (puis Nicolas Villenave pour la deuxième présentation sous le chapiteau) déplace les sources lumineuses, fait osciller une des boîtes à lumière, manipule un réflecteur, ... La lumière marque le glissement continu des trois jours au deux nuits. Monde du jour, du visible, et Monde de la nuit, pour la seule "oreillité". A partir de cette variation, de nombreuses bandes sont multiphoniques. Une frontalité très détaillée pour le monde du jour (comme une assemblée) laissant place à l’immersion du monde de la nuit . Nido danse sur des paroles de Naïma et Rosalie, africaines vivant dans la région parisienne. Sur Hampâté Bâ, elle souligne juste des débits, des inclinaisons sans vraiment danser : elle évoque le mouvement plus qu’elle ne le réalise. Nous travaillons ensemble sur le geste, la posture suggérée par la parole (comme matière) et le sens. Elle danse sur "vous confondez à ce que je vois l’écriture et le savoir ; l’écriture est la photographie du savoir, ce n’est pas le savoir"......... et autres pensées parlées. Elle évoque des sensations d’imprécisions comme des réflexions. Sa présence se superpose aux traces d’un voyage qu’elle n’évoque pas . Cette variation est créé après la cinquième. De la variation 3, il reste la profusion d’images et de mouvements.

5 ème variation:
Continuum glissant de l'écriture de support à l'improvisation, à la musique instrumentale écrite (trio à cordes), dans un dispositif circulaire. Lumières: Jérôme Jeanmart. Trio à cordes: Virginie Robillard, Sona Khochafian, Christophe Roy. Festival Sons d'hiver - Villeneuve le roi, 6 février 99.

CONTINUUM GLISSANT D’UNE ÉCRITURE A L’AUTRE DANS UN DISPOSITIF CIRCULAIRE
Depuis la variation 1 nous allons vers le tuilage des expressions sonores : cette variation d’écritures du son est la plus révélatrice de ce mouvement. Le dispositif circulaire et le mouvement des instrumentistes rend le dispositif plus prégnant que les écritures elles mêmes. La forme se renverse au deux tiers: un solo de Daunik incrusté d’une petite pièce écrite donne à ce dernier temps une vitesse particulière. La variation 5 penche, chavire après le témoignage de Daouda (ami ivoirien qui vient d’avoir des papiers). Tous les sons viennent de la périphérie du cercle, et Daunik joue en parcourant le cercle. Jérôme Jeanmart a construit des boites à lumière qu’il actionne pendant le concert. Les trios sont joués par Virginie Robillard, Sona Khochafian, Christophe Roy.

6 ème variation:
Temps fixé de la projection acousmatique et improvisations électroacoustique + lettre et texte lus.
Auditorium du conservatoire - Perpignan, 26 mars 99.
MUSIQUE CONCRÈTE ET IMPROVISATION SUR DISPOSITIF ÉLECTROACOUSTIQUE

D’un lecteur de cassette sur le plateau, un griot à Tombouctou ouvre le concert. Cette variation est sobre. Il n’y a plus d’action visuel, tout est noir : nous sommes caché-es derrière le public et personne ne peut savoir si les sons sont fixés ou joués en direct. Les phonographies sont nombreuses. Pour la première fois, nous sommes tous les deux. De la variation 5 il reste une temporalité continue.

7 ème variation:
Forme totalement improvisée, dans la pénombre, avec Daunik Lazro. Trois dispositifs de projection du son d'accès éloignés: improvisations sur dispositif électroacoustique, fenêtre phonographique et acousmonium pour la musique concrète.
Instants Chavirés - Montreuil - 27 janvier 2000.
Festival Jazz à Mulhouse - Mulhouse - 23 aout 2000

FORME IMPROVISÉE DANS LA PÉNOMBRE AVEC DAUNIK LAZRO
Cette variation met en jeu des espaces imbriquées les uns dans les autres. Nous avons des réservoirs de morceaux, de phonographies, de sons, de corps sonores et nous jouons librement de ces éléments. Donnée trois fois cette variation évoluera vers un trio d’improvisation, l’espace s’unifiant vers une façade large, détaillée, très légèrement en arc de cercle. De la variation 6 il reste le noir et, de toutes les variations: l’improvisation. Les sons de 94 forment un tapis léger, nous avons des corps sonores qui sont ramenés du voyage; nous en jouons avec notre pratique qui a évolué en sept années d’écoute et de jeu.

8 ème variation:
Musique acousmatique, improvisations électroacoustique et textes de voyage, textes de réflexion sur le son, lus.
Festival "Avant les mouches" - La chaufferie -Strasbourg - 8 mars 2001.

MUSIQUE CONCRÈTE ET RÉFLEXIONS
Une table, bizarre, de "conférence". Nous, assis en L . Pas de chaises pour écouter, on s’allonge ! Un acousmonium éclaté à terre et constitué de petites sources (enceintes de "salon") pour des petits bruits (petit pour dire pas fort). - Morceaux - Phonographies - Brèves séquences improvisées dans l’ombre. Carole joue. - Textes lus en direct et textes enregistrés ( légère spatialisation des voix ). Ces textes sont issus des carnets de route et des carnets de travail. Sont diffusés le son et une réflexion sur ce son ou sur le son en général. Et, pour finir, après un "gros bruit" (L’écran de La falaise projetée en réflexion sur les murs), une voix Soninké et cette petite histoire improvisée par J-Kristoff, ressurgie de la variation 2 ("Déraillement" d’un colon dans un bar de brousse).

9 ème variation:
"vers l'installation"
Festival "Avant les mouches" - La chaufferie - Strasbourg. Chantier du 9 au 15 mars.

VERS L’INSTALLATION ...
Objets isolés qui persistent à être comme des grains de sable; il n’ont plus d’espace commun; on ne peut que les lister sans les relier. Ce sont des micro-temps qui sont accrochés à des arbres comme les sacs plastiques à la sortie de Dakar.